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Release
La Presse - Un superordinateur
à votre portée
February 16, 2005
Alain Mc Kenna
Dans le monde des superordinateurs, le Canada ne fait pas véritablement
figure de leader. Bonne nouvelle, cette tendance pourrait changer. Meilleure
nouvelle encore, deux des entreprises québécoises désireuses
de laisser leur marque dans cette industrie, TrioniQ et Ciara Technologies,
aimeraient bien que leurs percées profitent aux entreprises d'ici.
En ce moment, si l'on se fie aux statistiques rapportées sur le
site Web top500.org, dont la principale fonction est justement de répertorier
les 500 plus puissants ordinateurs de la planète, le Canada ne
compte que sept de ces supercalculateurs, le plus puissant arrivant en
54e position.
Il est donc surprenant, d'apprendre qu'il existe à Montréal,
un supercalculateur qui serait théoriquement presque deux fois
plus puissant que le numéro un actuel… et qu'il se cache
dans les entrailles de l'ancien immeuble Nortel (appartenant aujourd'hui
à HyperTec), aux abords de l'autoroute 40, à Saint-Laurent.
108 téraflops
En fait, les 140 Téraflpos (Tflops) «théoriques»
du VXR-3DT sont supérieurs aux capacités du plus puissant
ordinateur du monde. Au passage, notons qu'un «flop» équivaut
à une opération (un calcul) effectuée en une seconde.
Par exemple, dans ce cas-ci, la puissance réelle de 108 téraflops
signifie que l'appareil pourrait effectuer jusqu'à 108 000 milliards
d'opérations à la seconde !
Malheureusement, ce superordinateur n'existe que sur papier. Car l'entreprise
qui l'a conçu, Ciara Technologies, est plutôt en train de
mettre au point une version miniature de son bébé qui ferait
«seulement» 5 Tflops. Ce qui n'est pas si mal: ce modèle
réduit figurerait quand même au 35e échelon du top
500 !
«Nous cherchons avant tout, à créer une solution sur
mesure en fonction des besoins des entreprises, des gouvernements ou des
institutions intéressés à mettre la main sur un superordinateur,
explique Patrick Scateni, directeur du développement pour Ciara.
Notre petit modèle sert en quelque sorte de banc d'essai pour que
ces derniers puissent prendre compte de l'utilité d'un tel appareil.
»
C'est que Ciara Technologies a mis au point une architecture informatique
qui lui permet de greffer entre eux un nombre variable de processeurs,
selon les besoins du client. De plus, les pièces utilisées
pour la conception de ces processeurs sont le résultat d'un compromis
qui permet de réaliser des ordinateurs puissants, mais abordables.
Leur architecture toute spéciale, utilisant un réseau nommé
Infiniband, à double bande passante de 3 gigabits (ce qui est très
rapide) permet de ne pas perdre de puissance (ni d'espace), malgré
ce sacrifice.
Le modèle réduit utilise 200 processeurs. Ses qualités
sont telles que déjà, l'Université du Québec
à Montréal aurait manifesté son intérêt
pour un exemplaire de cet appareil. À un prix fort avantageux.
«À titre comparatif, l'Université de Montréal
aurait payé 20% moins cher pour un superordinateur équivalent
à celui qu'elle possède depuis l'an dernier, un modèle
signé SGI», assure au passage M. Scateni.
Usages multiples
SGI (Silicon Graphics Inc), une entreprise californienne qui a réalisé
le numéro deux du top 500, un superordinateur appartenant à
la NASA, vient justement d'annoncer qu'elle utilisera dans ses superordinateurs,
une nouvelle technologie de connexion «à chaud», nommée
Makinabox. Il s'agit d'un mécanisme qui permet de remplacer des
composantes d'un appareil, sans avoir à l'éteindre au préalable.
Le système Makinabox est une invention de la société
TrioniQ, de Chicoutimi. Son président, Daniel Bindley, est très
heureux de cette entente. «De plus en plus, les superordinateurs
se rapprochent du grand public, dit-il. Déjà, on voit des
ordinateurs personnels qui possèdent deux processeurs. »
C'est effectivement les cas des PowerMac d'Apple, depuis quelques années.
TrioniQ voit là un marché potentiel qui ferait exploser
son chiffre d'affaires.
De plus, les ventes de superordinateurs ont pratiquement doublé
l'an dernier. Ce serait le début d'une tendance durable, croit
la direction de TrioniQ.
«Les applications possibles d'un superordinateur sont assez nombreuses
pour le justifier, estime M. Bindley. Plusieurs savent qu'Environnement
Canada en possède un pour prédire la température,
mais de plus en plus d'entreprises ont recours à un superordinateur
pour effectuer leur travail. »
Parmi celles-ci, les banques et les sociétés de télécommunications
sont les plus friandes de ces puissantes machines. Les institutions comme
les universités fournissent aussi du temps d'utilisation à
leurs étudiants aux cycles supérieurs, afin que ceux-ci
puissent réaliser, par exemple, des modèles anticipant le
comportement de systèmes complexes.
«L'industrie du cinéma réalise de nombreux effets
spéciaux grâce à ces appareils», ajoute M. Bindley.
Comme quoi les applications sont multiples à souhait. Ciara Technologies
désire d'ailleurs s'en assurer et offre du temps de son appareil
à qui est intéressé. S'il reste du temps libre, l'entreprise
en refile gratuitement une partie à la communauté.
L'objectif est simple: les superordinateurs sont puissants et de plus
en plus abordables. On peut aussi les faire évoluer en fonction
des besoins d'une entreprise en croissance. Il ne reste plus qu'à
convaincre les entreprises qu'elles ne peuvent pas se passer d'un de ces
appareils…

Contact:
Patrick Scateni
VXR-3DT Co-creator
Ciara Technologies
T: (514) 798-8880 Ext. 6550
pscateni@ciara-tech.com
Contact:
Andre Fuochi
Vice President, Technology Practice
GCI Group
T: (416) 486-7227
afuochi@gcigroup.com
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